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Relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite : rivalité, religion et puissance régionale

Les ministres des Affaires étrangères iranien et saoudien échangent le communiqué conjoint sur le rétablissement des relations diplomatiques à Pékin, en 2023, devant les drapeaux de l’Iran, de la Chine et de l’Arabie saoudite.

Image de Mehr News Agency, sous licence CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite forment l’un des axes durables de la politique moyen-orientale contemporaine. Elles opposent une république islamique révolutionnaire, majoritairement chiite, à une monarchie sunnite qui administre les lieux saints de La Mecque et de Médine. Cette différence religieuse pèse sur le vocabulaire de la rivalité, sans suffire à expliquer le conflit. La relation combine sécurité du Golfe, pétrole, légitimité islamique, guerres civiles et peur réciproque de la subversion intérieure.

Le lien bilatéral a alterné coopération, rupture et accommodement. Avant 1979, les deux pays étaient des monarchies conservatrices, exportatrices de pétrole et utiles à la stratégie américaine dans le Golfe. Après la révolution iranienne, le sens politique de la relation a changé : Téhéran a présenté sa république islamique comme un modèle de mobilisation contre les monarchies jugées illégitimes. Riyad, de son côté, a traité l’exportation révolutionnaire iranienne comme une menace politique, religieuse et sécuritaire. Depuis lors, la rivalité a rarement pris la forme d’une guerre directe. Elle s’est exprimée lorsque les deux États ont construit des alliances, financé des partenaires, disputé l’influence idéologique et soutenu des acteurs locaux, de l’Irak au Levant et du Golfe au Yémen.

Résumé

  • L’Iran et l’Arabie saoudite rivalisent pour la direction régionale, l’influence islamique, la sécurité du Golfe et la capacité à peser sur les conflits des pays voisins.
  • La révolution iranienne de 1979 a transformé une relation difficile, quoique encore gouvernable, en rivalité idéologique et stratégique.
  • Le pétrole, l’OPEP et l’OPEP+ relient cette concurrence bilatérale à l’économie mondiale, car Riyad et Téhéran n’ont pas les mêmes intérêts en matière de production, de prix et de sanctions.
  • Le rétablissement des relations diplomatiques en 2023, avec une médiation chinoise, a réduit certains canaux d’escalade, sans régler les différends liés au Yémen, au Levant, à l’Irak, au programme nucléaire iranien et à la sécurité maritime.
  • La rivalité se comprend mieux comme une compétition régionale flexible : la religion fournit un langage et des réseaux, mais les intérêts d’État, la sécurité et la puissance expliquent sa continuité.

Les bases d’une relation difficile

L’Iran et l’Arabie saoudite se sont reconnus diplomatiquement en 1929, à un moment où le royaume saoudien consolidait encore son autorité et où la dynastie Pahlavi cherchait à centraliser l’État iranien. La relation a commencé dans un climat de méfiance religieuse, de gestion du pèlerinage et de frontières politiques encore fragiles. En 1944, l’exécution d’un pèlerin iranien en territoire saoudien a conduit Téhéran à rompre les relations ; la normalisation n’est intervenue qu’en 1946. Cet épisode a annoncé une tension permanente : organiser le pèlerinage annuel à La Mecque revenait à gérer simultanément sécurité, légitimité religieuse et prestige politique.

Pendant la guerre froide, la rivalité a coexisté avec des intérêts communs. L’Iran du chah Mohammad Reza Pahlavi et l’Arabie saoudite étaient deux monarchies anticommunistes, proches des États-Unis et méfiantes envers le nationalisme arabe radical. La doctrine Nixon, formulée à la fin des années 1960, a fait des deux pays des piliers de la sécurité du Golfe après le retrait britannique à l’est de Suez. Cette coopération n’effaçait cependant pas la concurrence. L’Iran disposait d’une ambition militaire et d’une mémoire impériale ; l’Arabie saoudite disposait de la centralité religieuse, d’immenses réserves pétrolières et d’un poids croissant dans les institutions arabes et islamiques.

La création de l’OPEP en 1960 a montré cette double logique. L’Iran et l’Arabie saoudite ont coopéré avec d’autres producteurs pour accroître la souveraineté sur le pétrole et négocier plus fermement avec les compagnies internationales. Dans le même temps, ils divergeaient sur le rythme de production et le niveau des prix. Riyad pouvait jouer le rôle de producteur d’équilibre, en augmentant ou en réduisant l’offre pour stabiliser le marché et préserver ses liens avec les consommateurs occidentaux. Téhéran, notamment sous le chah, recherchait des prix plus élevés afin de financer l’industrialisation et la puissance militaire. La politique pétrolière n’était pas seulement économique : elle contribuait à fixer les hiérarchies régionales et les marges d’autonomie internationale.

1979 et la transformation de la rivalité

La révolution iranienne a été le véritable point de bascule. Le nouveau régime dirigé par l’ayatollah Rouhollah Khomeini a renversé une monarchie pro-occidentale et présenté la République islamique comme un modèle de mobilisation contre la tyrannie, l’impérialisme et les monarchies considérées comme illégitimes. Pour Riyad, la menace n’était pas uniquement militaire. Les dirigeants saoudiens redoutaient que le langage révolutionnaire iranien atteigne les minorités chiites du Golfe, conteste la légitimité de la maison des Saoud et transforme le pèlerinage en scène de protestation politique.

La guerre Iran-Irak, déclenchée en 1980, a cristallisé cette division. L’Arabie saoudite et d’autres monarchies du Golfe ont soutenu l’Irak de Saddam Hussein par des financements et une couverture politique, tout en se méfiant de Bagdad. Leur objectif principal était d’empêcher l’expansion de la révolution iranienne. Téhéran, de son côté, a interprété le soutien saoudien comme la preuve que Riyad défendait un ordre régional dépendant de Washington et hostile à toute autonomie révolutionnaire. En touchant les terminaux, les pétroliers et les décisions de production, la guerre a relié la rivalité bilatérale à la sécurité maritime et aux prix internationaux.

Le traumatisme le plus visible a été le pèlerinage de 1987. Des affrontements entre pèlerins iraniens et forces saoudiennes à La Mecque ont fait des centaines de morts et ont conduit à une rupture diplomatique en 1988. Pour Téhéran, la répression prouvait que Riyad ne pouvait pas revendiquer une autorité sur les lieux saints sans rendre de comptes au monde musulman. Pour Riyad, la mobilisation iranienne politisait le pèlerinage et menaçait l’ordre intérieur saoudien. Le conflit religieux fonctionnait alors comme le langage d’un affrontement politique sur l’autorité islamique, la sécurité des lieux saints et la contestation des régimes du Golfe.

La détente des années 1990

La mort de Khomeini, la fin de la guerre Iran-Irak et l’invasion irakienne du Koweït ont ouvert un espace d’accommodement. Le président iranien Akbar Hachemi Rafsandjani cherchait à reconstruire l’économie et à réduire l’isolement régional de son pays. L’Arabie saoudite, secouée par l’occupation du Koweït en 1990, a compris que l’Irak pouvait menacer directement les monarchies du Golfe. Les années 1990 ont créé une fenêtre pragmatique : Téhéran avait besoin de commerce et d’investissements. Riyad, de son côté, voulait réduire les tensions après une guerre régionale qui avait exposé les coûts de l’insécurité permanente.

Le rapprochement s’est approfondi sous Mohammad Khatami, président iranien de 1997 à 2005. Les visites officielles, les accords de coopération et une meilleure gestion du pèlerinage ont donné une substance institutionnelle à la détente. En 1998, les deux pays ont signé un vaste accord de coopération ; en 2001, ils ont conclu un accord de sécurité. Sans régler la concurrence pour la direction régionale, ces instruments ont montré que des canaux diplomatiques pouvaient réduire le risque si les deux parties voyaient un avantage à la retenue.

La limite de cette phase tenait à la structure régionale. L’Arabie saoudite demeurait liée à la présence militaire américaine dans le Golfe, notamment après la guerre du Golfe de 1991. L’Iran continuait à rechercher une autonomie stratégique, des capacités balistiques et une influence auprès d’acteurs non étatiques. Même dans les périodes où les présidents et les ministres échangeaient des visites, les appareils de sécurité conservaient une lecture méfiante de l’autre camp. La détente était réelle, mais elle dépendait d’un environnement dans lequel aucun conflit régional n’obligeait les deux États à choisir brutalement entre accommodement et compétition.

Irak, Levant et guerres par procuration

L’invasion américaine de l’Irak en 2003 a profondément modifié l’équilibre régional. La chute de Saddam Hussein a retiré à l’Iran un ennemi stratégique et a donné de l’espace à des partis chiites irakiens proches de Téhéran. Pour l’Arabie saoudite, la transformation de l’Irak en arène d’influence iranienne a été un choc. Riyad craignait qu’un arc de pouvoir iranien traverse l’Irak et atteigne la Syrie et le Liban, en reliant institutions étatiques, réseaux partisans et milices. L’expression « croissant chiite », malgré son caractère simplificateur, a résumé la perception saoudienne d’un encerclement stratégique.

Au Liban, le Hezbollah est devenu l’exemple le plus visible de la capacité iranienne à associer idéologie, organisation armée et participation politique. Pour Téhéran, le mouvement appartenait à la résistance contre Israël et constituait un outil de dissuasion. Pour Riyad, il signalait une pénétration iranienne dans un pays arabe, l’affaiblissement de l’État libanais et une menace contre l’influence saoudienne auprès des communautés sunnites. Dans le dossier palestinien, le soutien iranien à des groupes armés a montré qu’une république persane et chiite pouvait disputer la légitimité dans une cause arabe et majoritairement sunnite.

Les soulèvements arabes de 2011 ont élargi la compétition. À Bahreïn, l’Arabie saoudite a dirigé une intervention du Conseil de coopération du Golfe pour soutenir la monarchie face à des protestations auxquelles participaient fortement des chiites. Téhéran a dénoncé la répression et la discrimination. Riyad a vu le risque d’une ouverture stratégique iranienne dans une île liée à la sécurité saoudienne. En Syrie, la logique s’est inversée : l’Iran a soutenu Bachar al-Assad, allié central depuis la guerre Iran-Irak, et l’Arabie saoudite a aidé différentes forces d’opposition. La guerre civile syrienne a transformé la rivalité en combat pour la survie de régimes alliés, les routes d’armement, la crédibilité stratégique et la position face à Israël.

Le Yémen est devenu l’arène la plus coûteuse pour Riyad. Le mouvement houthi, enraciné dans le zaïdisme du nord du Yémen, n’est pas né comme un simple bras iranien. Cependant, la guerre qui s’est intensifiée après 2014 l’a rapproché de Téhéran et a donné à l’Iran un moyen peu coûteux de faire pression sur la frontière méridionale saoudienne. L’intervention conduite par l’Arabie saoudite en 2015 visait à rétablir le gouvernement reconnu internationalement et à empêcher que le Yémen devienne une plateforme hostile. Elle a produit une guerre humanitaire dévastatrice, des attaques de missiles et de drones contre le territoire saoudien, ainsi qu’une impasse qui a montré les limites de la puissance militaire conventionnelle face à des acteurs locaux résilients.

Rupture de 2016 et retour de 2023

La rupture diplomatique de 2016 a suivi l’exécution du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr, critique de la monarchie et figure symbolique pour certains chiites. Des manifestants ont attaqué des missions saoudiennes en Iran, et Riyad a rompu les relations. L’épisode a condensé des conflits de sécurité intérieure, de mobilisation religieuse et de concurrence régionale en pleine guerre syrienne et yéménite. Les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, les tensions dans le détroit d’Ormuz et la sortie américaine de l’accord nucléaire iranien ont ensuite renforcé le sentiment de vulnérabilité.

Le rétablissement des relations en 2023 a résulté d’un calcul pragmatique. L’Irak et Oman avaient facilité des conversations préliminaires. La Chine, devenue un grand acheteur de pétrole saoudien et iranien et soucieuse de se présenter comme médiatrice, a accueilli l’étape finale à Pékin. L’accord annonçait la réouverture des ambassades, la reprise des contacts diplomatiques et l’intention de réactiver les accords de coopération et de sécurité signés auparavant. Pour Riyad, la détente réduisait le risque d’attaques et aidait à concentrer les ressources sur la Vision 2030 ; pour Téhéran, elle diminuait l’isolement régional dans un contexte de sanctions, de tensions internes et de conflit nucléaire avec l’Occident.

La médiation chinoise n’a pas remplacé les États-Unis comme garant militaire du Golfe ; elle a signalé un changement important. Riyad a montré qu’il voulait diversifier ses partenaires et distinguer ses relations économiques avec la Chine de son alliance de sécurité avec Washington. Téhéran a obtenu un canal régional sans accepter de concessions nucléaires immédiates. Pékin, de son côté, a projeté une influence diplomatique dans une région essentielle pour son approvisionnement énergétique. La normalisation a été moins une réconciliation stratégique qu’un mécanisme de réduction des coûts.

Pétrole, sécurité et grandes puissances

Le pétrole reste au cœur de la relation. L’Arabie saoudite est l’acteur décisif de l’OPEP et le principal producteur capable d’ajuster rapidement son offre. L’Iran possède de très grandes réserves, mais il subit les contraintes des sanctions, des difficultés d’investissement et des limites imposées à ses exportations. Quand les sanctions réduisent la présence iranienne sur le marché, Riyad gagne une marge de production et d’influence. Si des négociations nucléaires annoncent le retour possible de barils iraniens, le calcul saoudien change. La rivalité entre ainsi dans le calcul des consommateurs, de l’inflation, des budgets publics et de la sécurité énergétique.

La sécurité maritime renforce cette interdépendance conflictuelle. Le Golfe Persique et le détroit d’Ormuz concentrent des flux essentiels de pétrole et de gaz. L’Iran peut menacer la navigation, utiliser des missiles et soutenir des acteurs capables d’élever les coûts du transport. L’Arabie saoudite dépend de routes sûres, d’infrastructures vulnérables et d’une protection aérienne crédible. C’est pourquoi les attaques contre des pétroliers ou des installations pétrolières ont un effet immédiat sur la perception du risque régional et mondial.

Les grandes puissances entrent par ce couloir. Les États-Unis restent l’acteur militaire extérieur le plus important pour la sécurité saoudienne, même si la confiance envers Washington varie selon les guerres, les alternances présidentielles et l’attention américaine croissante portée à l’Indo-Pacifique. La politique étrangère de la Chine agit autrement : Pékin achète de l’énergie, vend de la technologie, évite les alliances militaires rigides et recherche une stabilité suffisante pour le commerce. La Russie coopère avec Riyad dans l’OPEP+ et avec Téhéran sur des dossiers militaires et diplomatiques, en particulier depuis la guerre en Ukraine. Aucune puissance extérieure ne contrôle la rivalité ; chacune essaie de l’administrer selon ses propres intérêts.

Pourquoi la détente reste fragile

La détente ouverte en 2023 a réduit le risque d’escalade involontaire, sans effacer les causes de la compétition. Au Yémen, une accalmie relative a diminué les attaques contre l’Arabie saoudite, mais l’avenir politique du pays reste incertain. Au Liban, le poids du Hezbollah demeure un point de friction. En Syrie, la réintégration régionale de Bachar al-Assad n’a ni supprimé la présence iranienne ni réparé la fragmentation de l’État. En Irak, les gouvernements tentent d’équilibrer pressions extérieures et groupes armés locaux. Dans chaque arène, les acteurs nationaux ont leurs propres intérêts ; ils n’obéissent pas mécaniquement à l’Iran ou à l’Arabie saoudite.

Le programme nucléaire iranien constitue une autre limite. L’Arabie saoudite craint qu’un Iran nucléaire, ou presque nucléaire, modifie l’équilibre régional et incite d’autres États à rechercher des capacités similaires. Téhéran affirme que son programme a des fins pacifiques et présente la dissuasion comme une réponse aux menaces israéliennes et américaines. Le problème est que la confiance bilatérale reste faible. Même dans un climat de bon voisinage, les installations nucléaires, les missiles, les drones et la défense aérienne maintiennent la concurrence sur le terrain stratégique.

La guerre à Gaza depuis 2023 a compliqué la normalisation régionale. Avant le conflit, l’hypothèse d’un rapprochement entre l’Arabie saoudite et Israël, avec une médiation américaine, pesait sur le calcul iranien. Après le déclenchement de la guerre, Riyad a dû équilibrer la condamnation de la dévastation à Gaza, la défense de la cause palestinienne et l’intérêt pour une architecture régionale plus stable. L’Iran, de son côté, a valorisé son axe d’alliés, tout en calibrant l’escalade pour éviter une guerre régionale directe. Dans ce scénario, la rivalité saoudo-iranienne croise le conflit israélo-palestinien, la politique américaine et la légitimité intérieure des gouvernements arabes.

Ce que la relation révèle sur le Moyen-Orient

Les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite montrent que le Moyen-Orient ne fonctionne ni seulement par divisions confessionnelles ni seulement par calculs matériels. La religion fournit des symboles, des réseaux et des justifications. L’État fournit des bureaucraties, des forces armées, un budget et des priorités de sécurité. L’économie pétrolière relie les décisions locales aux marchés mondiaux. Les guerres civiles créent des occasions d’influence, ainsi que des coûts inattendus. Une fois ces éléments combinés, la rivalité devient durable parce qu’elle ne dépend pas d’un seul conflit.

Il serait trompeur d’imaginer les alliés régionaux comme des pièces passives. Groupes armés, partis, factions locales et monarchies voisines ont leurs propres agendas. L’Iran et l’Arabie saoudite peuvent financer, persuader, exercer des pressions et fournir des armes, sans contrôler entièrement ces arènes. Cette limite explique pourquoi les accords bilatéraux réduisent les tensions sans produire immédiatement une paix régionale : la diplomatie ouvre des canaux, et la politique locale décide jusqu’où ces canaux peuvent modifier les conflits.

L’accord de 2023 doit être lu comme un mécanisme de gestion de rivalité. Il facilite la communication, réduit les coûts du conflit et signale que les deux capitales préfèrent éviter la guerre directe. En même temps, la concurrence pour l’influence, la dissuasion et la légitimité demeure. La relation ne deviendra stable que si Riyad et Téhéran transforment le dialogue en règles pratiques sur la sécurité maritime, la non-ingérence, la retenue des alliés armés et l’accommodement dans les États fragilisés. Sans cela, la normalisation restera utile, mais limitée : un frein diplomatique dans une rivalité qui structure encore une grande partie de la politique régionale.

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