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Qu’est-ce que le G20 ? Origines, Membres et Sommets

Les dirigeants du G20 au sommet de 2021 en Italie posent côte à côte pour une photo officielle, devant des rangées de drapeaux nationaux et un décor People Planet Prosperity. Le cadrage plus large montre aussi le décor officiel, le mobilier, la lumière et les détails spatiaux qui situent la scène dans un environnement diplomatique formel plutôt que dans un moment public ordinaire.

Dirigeants des membres du G20 lors du sommet du groupe en 2021, en Italie. Photo du gouvernement brésilien, sous licence CC BY 2.0.

Le Groupe des 20 (G20) est un forum international de coopération économique entre 19 pays, ainsi que l’Union Européenne et l’Union Africaine. Le forum réunit des représentants de haut niveau de tous ses membres, qui collaborent pour traiter les problèmes économiques mondiaux. Créé en 1999, il rassemble depuis 2008 les dirigeants de ses membres lors de sommets annuels. Ces sommets aident les pays à coordonner leurs politiques économiques et à rendre le système financier international plus stable.

Résumé

  • Le G20 est un forum de coopération économique qui réunit 19 pays, l’Union Européenne et l’Union Africaine.
  • Le G20 a d’abord réuni des ministres des finances et des gouverneurs de banques centrales en 1999; après la crise financière de 2008, il est devenu un sommet de dirigeants.
  • Le groupe n’a pas de secrétariat permanent, et son agenda dépend de présidences tournantes et de négociations préparatoires.
  • Ses membres représentent la plus grande partie de la production, du commerce et de la population mondiaux, mais la légitimité et l’efficacité du forum restent contestées.
  • Ses sommets sont des événements diplomatiques importants parce qu’ils combinent gestion de crise, coordination économique et négociations visibles entre grandes puissances.

Origines du G20

Dans les années 1990, des crises financières successives ont eu des répercussions mondiales. Ces crises ont touché le Brésil, le Mexique, la Russie et certains pays asiatiques. L’effondrement de ces économies a montré que l’économie mondiale était alors si étroitement et durablement entrelacée qu’elle nécessitait plus de régulation. À l’époque, le Groupe des 7 (G7) a plaidé pour la création d’un forum très élargi avec des pays supplémentaires, afin de discuter de ces problèmes.

Le Groupe des 20 a officiellement vu le jour en 1999, mais il a conservé une structure quelque peu informelle. La plupart des organisations internationales disposent d’un secrétariat permanent et d’un personnel propre; le G20 est né comme un forum tournant sans cette structure institutionnelle. À la place, une rotation de membres devait assurer la présidence. Chaque présidence doit coopérer avec celle qui la précède et celle qui la suit, comme moyen d’assurer la continuité dans le fonctionnement du groupe. Cet arrangement est appelé la « troïka » (un groupe de trois) et persiste encore aujourd’hui. Cette formule rend le G20 plus flexible qu’une institution fondée sur un traité. Le groupe dépend donc fortement de la volonté politique, de la continuité entre les présidences et de la disposition des membres à transformer le langage des sommets en actions nationales ou internationales.

L’informalité du G20 a des conséquences pratiques. Comme le G20 ne légifère pas et ne fait pas exécuter ses décisions, son influence dépend de la coordination, du signal politique et du suivi par les gouvernements membres. Le forum compte donc en période de crise, mais ses engagements restent inégaux.

De 1999 à 2008, le G20 a été principalement caractérisé par les réunions des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales de ses membres. Ces responsables discutaient et coordonnaient les politiques économiques, avec peu d’attention médiatique.

La crise financière de 2008 (également appelée Grande Récession) a fourni l’impulsion nécessaire pour élever les réunions ministérielles à un niveau supérieur. À partir de cette année, les chefs d’État et de gouvernement des pays du G20 se réuniraient annuellement. Les représentants de haut rang de l’Union Européenne feraient de même. Ce changement a modifié la signification publique du forum: ce qui avait été un espace technique pour responsables économiques est devenu une scène diplomatique régulière pour dirigeants censés expliquer des réponses collectives aux crises.

À partir de 2008, il y a eu une série de réunions rassemblant des fonctionnaires de niveau inférieur pour discuter de sujets plus spécifiques ou techniques. Ces réunions préparatoires incluent les Groupes de travail et les réunions de Sherpa. Dans ces cadres, des spécialistes des dossiers du G20 traitent les questions techniques avant les rencontres des dirigeants. Une grande partie des accords du G20 sont conclus dans ces cadres, plutôt que par le travail de représentants de haut niveau comme les ministres des Affaires étrangères. Ce processus d’arrière-plan compte, car les déclarations de sommet condensent souvent des mois de négociation dans de courts documents publics. La réunion annuelle devient visible, tandis qu’une grande partie du travail de coordination reste hors de la vue du public.

Membres du G20

Ci-dessous la liste des 19 pays du groupe, ainsi que les organisations internationales:

  • Les membres parmi les nations développées sont l’Australie, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Corée du Sud, le Japon, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
  • Les membres parmi les nations en développement sont l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud et la Turquie.
  • Les organisations internationales participantes sont l’Union Européenne et l’Union Africaine.

Les États et autres entités qui ne sont pas membres officiels peuvent participer aux événements du groupe sur invitation. Certains ont été invités si fréquemment qu’ils peuvent être considérés comme des invités permanents. C’est le cas de l’Espagne, un pays qui souhaite toujours devenir un membre à part entière.

Les membres du G20 représentent plus de 85 % du PIB mondial, plus de 75 % du commerce mondial et environ les deux tiers de la population mondiale.

Cette concentration explique pourquoi le forum reçoit autant d’attention diplomatique. En même temps, le G20 est un forum sélectif plutôt qu’une organisation universelle, ce qui signifie que beaucoup de pays concernés restent hors de la salle lorsque les priorités sont négociées.

Sommets du G20

Après l’élévation institutionnelle de 2008, les Sommets du G20 ont commencé à rassembler les dirigeants mondiaux et à attirer davantage d’attention médiatique. Ce sont des occasions pour des négociations en face à face entre dirigeants nationaux et hauts responsables. Lors de ces réunions, ils discutent de questions urgentes. Ils signent aussi des déclarations et accords préalablement préparés par des fonctionnaires et diplomates de niveau inférieur.

Voici un résumé de tous les sommets passés et de leurs principaux résultats:

Chronologie des sommets

La séquence ci-dessous montre comment le forum est passé de la gestion de crise à une gouvernance économique plus large et à la négociation géopolitique. En ce sens, la liste des sommets doit être lue comme une chronologie de priorités qui ont changé d’une réunion à l’autre.

  • 1er, 2e et 3e Sommets (Washington, Londres, Pittsburgh) (2008-2009): À la suite de la Grande Récession, les membres ont convenu d’une réforme globale du système financier international. Ils ont commencé à lutter contre l’évasion fiscale et les marchés financiers non réglementés. Ils ont décidé de renforcer le rôle du Fonds Monétaire International (FMI) et des banques de développement multilatérales. Ils ont décidé que le G20 est « un organe majeur de prise de décision sur les questions relatives à l’économie mondiale ».
  • 4e, 5e et 6e Sommets (Toronto, Séoul, Cannes) (2010-2011): Les membres ont convenu de limiter leurs dettes publiques et ont adopté une réglementation plus stricte pour les banques. Ils ont introduit le thème de la politique de développement, appelé Consensus de Séoul, dans leurs débats.
  • 7e, 8e et 9e Sommets (Los Cabos, Saint-Pétersbourg, Brisbane) (2012-2014): Les membres ont convenu d’améliorer le partage des informations fiscales, dans le but de freiner les entreprises multinationales qui abusent des paradis fiscaux. De plus, ils ont mis en évidence des problèmes sociaux tels que le chômage et l’inégalité.
  • 10e et 11e Sommets (Antalya et Hangzhou) (2015-2016): Suite à la crise migratoire de 2015 en Europe, les membres ont discuté pour la première fois du mouvement des migrants et des réfugiés. D’autres discussions portaient sur la lutte contre le terrorisme, le changement climatique, le bien-être social et un nouveau lot de réformes financières. Par exemple, les membres ont adopté le Plan d’action du G20 sur l‘ Agenda 2030 comme référence en termes de développement durable.
  • 12e Sommet (Hambourg) (2017): Les membres ont mis l’accent sur la lutte contre le terrorisme et sur l‘« irréversibilité » de l’Accord de Paris. Ils ont également renforcé leur engagement envers l’ Agenda 2030.
  • 13e Sommet (Buenos Aires) (2018): Les membres ont discuté d’une vaste gamme de thèmes contemporains, allant de la sécurité alimentaire à la Quatrième Révolution Industrielle. Cependant, cette réunion n’a produit aucun résultat tangible.
  • 14e Sommet (Osaka) (2019): Les membres ont, une fois de plus, discuté de nombreux sujets. Cette fois, cependant, ils ont réussi à publier une déclaration importante sur la prévention de l’utilisation d’Internet à des fins terroristes.
  • 15e Sommet (Riyad) (2020): En raison de la pandémie de Covid-19, cette réunion a été virtuelle. Les membres ont décidé de « forger une réponse coordonnée mondiale » à cette urgence sanitaire. Ils se sont également engagés à injecter 5 000 milliards de dollars dans l’économie mondiale et ont suspendu les dettes de plusieurs pays en développement. Ces deux initiatives visaient à stimuler la reprise économique et ont eu un succès significatif.
  • 16e Sommet (Rome) (2021): Le G20 a continué de discuter de plusieurs thèmes, mais leur attention était toujours concentrée sur la reprise après la pandémie. Un autre sujet abordé était la situation en Afghanistan après la prise de pouvoir par les Talibans.
  • 17e Sommet (Nusa Dua) (2022): Les membres ont continué de réfléchir à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mondiale. Cependant, aucun document majeur n’a été signé lors de cette réunion.
  • 18e Sommet (New Delhi) (2023): Les membres ont discuté de questions liées au développement durable, à la reprise économique et aux transformations technologiques. Ils ont souligné les « souffrances humaines et les impacts négatifs additionnels de la guerre en Ukraine ». Ils ont invité l’Union africaine à rejoindre le G20 — une invitation qui a été acceptée. En outre, comme d’habitude, il y a eu quelques désaccords au sein du groupe. Vladimir Poutine (Russie) et Xi Jinping (Chine) n’ont pas assisté à cette réunion. Les Chinois et les Saoudiens ont boycotté une réunion au Cachemire — une région disputée entre l’Inde et le Pakistan. Par ailleurs, le gouvernement indien a protesté contre la publication d’une carte officielle chinoise qui place des terres contestées dans le territoire chinois.
  • 19e Sommet (Rio de Janeiro) (2024): Les membres ont créé l’ Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, le Groupe de travail du G20 pour une mobilisation mondiale contre le changement climatique et l’Initiative pour la bioéconomie — toutes ces propositions ayant été avancées par le Brésil. À partir d’une autre proposition brésilienne, les membres ont créé le G20 Social, un forum où des représentants de la société civile peuvent interagir avec le groupe et formuler des recommandations.

Critiques du G20

Bien qu’il ait été conçu comme un moyen de réguler et de stabiliser l’économie mondiale, certains critiques affirment que le Groupe des 20 n’a pas réussi à atteindre ces objectifs.

Selon une recherche subventionnée par la Banque Centrale Européenne, les effets des décisions du groupe sur les marchés financiers « sont faibles, de courte durée, non systématiques et non robustes ». Les chercheurs ont conclu que le groupe exerce moins d’influence, par exemple, que les décisions unilatérales de la Réserve Fédérale des États-Unis.

Malgré l’absence d’effets durables sur l’économie, le G20 reste un lieu important pour discuter des problèmes mondiaux.

Cependant, comme le soutient le Council on Foreign Relations, les divisions politiques croissantes ont rendu plus difficile l’atteinte d’un consensus au sein du groupe. Les différends relient la guerre, la dette, la politique industrielle et la transition énergétique à la capacité du forum de parvenir à un consensus. Ils montrent que le G20 peut rassembler de grandes économies dans le même espace. Le forum ne peut toutefois pas éliminer à lui seul les conflits géopolitiques qui les divisent.

Le problème est structurel autant que politique. Le G20 fonctionne par consensus et par déclarations publiques, de sorte que le désaccord entre membres importants peut transformer de vastes agendas en langage prudent. Cette limite ne rend pas le forum inutile, mais elle réduit ce qu’il peut produire lorsque les membres divergent sur la sécurité, l’énergie ou les priorités de développement.

Le Groupe des 20 est également la cible de la gauche mondiale, qui estime que le groupe promeut simplement un programme capitaliste. Julia Kulik, une universitaire, déclare: « Voir 20-21 personnes prendre des décisions qui affectent le monde entier n’est pas attrayant pour beaucoup de gens ». Dans le passé, il y a eu des manifestations anticapitalistes et antiglobalistes dans les villes qui accueillent les sommets du groupe. En 2023, afin d’éviter des scènes de violence, le gouvernement indien a renforcé les mesures de sécurité à New Delhi.

Dans le but de contrer les critiques sociales, le G20 a créé des Groupes d’Engagement tels que Business20 et Labor20. Ces groupes permettent aux organisations des pays membres de participer. Cependant, elles ne peuvent formuler que des recommandations, plutôt que des décisions, dans leur domaine d’influence. Cette limite est centrale dans la critique: la participation peut élargir le processus, tandis que la société civile reste en dehors de l’autorité détenue par les gouvernements au sein du forum.

Conclusion

L’intention du G20 était d’augmenter le poids des pays en développement dans les décisions sur l’économie mondiale. Cet objectif a été renforcé en 2008, lorsque le monde développé a subi plus de conséquences à cause de la crise financière. Néanmoins, dans un monde d’environ 200 pays, même la légitimité d’un forum de 21 membres peut être contestée. En effet, son importance actuelle découle principalement de ses sommets annuels, qui facilitent les interactions en face à face entre les dirigeants.

Les jours où les plus grandes économies du monde pouvaient sceller le sort de tous lors de réunions à huis clos sont révolus. Bien que leur puissance économique continue d’être gigantesque, la voix des pays en développement se fait de plus en plus entendre. Jusqu’à présent, il semble que le Groupe des 20 ait perdu de son élan. Peut-être ne retrouvera-t-il jamais le pouvoir qu’il avait lorsqu’il coordonnait la réponse à la crise de 2008.


Pour plus de détails sur le G20, consultez le document d’information préparé par l’Inde à ce sujet en 2023. Il est disponible à ce lien.

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