
Luiz Inácio Lula da Silva reçoit Narendra Modi pendant le Sommet du G20 à Rio de Janeiro, le 18 novembre 2024. Image du cabinet du Premier ministre de l’Inde, sous licence GODL-India.
Les relations Brésil-Inde forment un partenariat stratégique entre deux pays dotés d’un vaste territoire, d’une population nombreuse, d’économies de dimension continentale et d’une présence fréquente dans les forums du Sud global. En pratique, ce partenariat relie coordination politique, commerce et coopération technique afin d’élargir l’influence internationale de Brasilia et de New Delhi. La dimension politique apparaît dans les BRICS et dans d’autres forums réformateurs. La dimension économique passe par le commerce de biens et par des investissements encore sélectifs. La dimension technique rapproche des politiques de sécurité et de développement.
Le point central est que la relation n’est ni une alliance militaire ni une convergence automatique sur tous les sujets. Le Brésil et l’Inde se rapprochent lorsqu’ils partagent des intérêts en matière de réforme de la gouvernance mondiale et de développement. Ce rapprochement coexiste avec des différences sur le commerce agricole, les régimes de sécurité et les crises régionales. Ce mélange de coopération et de limites définit le partenariat.
Résumé
- Le Brésil et l’Inde ont établi des relations diplomatiques en 1948, peu après l’indépendance indienne, et ont élevé la relation au rang de partenariat stratégique en 2006.
- La Commission mixte est le principal mécanisme bilatéral. Elle organise les consultations politiques et oriente la coopération sectorielle.
- Les deux pays coordonnent leurs positions dans les BRICS, l’IBSA, le G4, le G20 et BASIC, avec un accent sur la gouvernance mondiale, le développement et la voix du Sud global.
- Le commerce a progressé au XXIe siècle, mais il reste concentré. Le Brésil vend surtout des biens primaires et achète à l’Inde des produits industriels, chimiques et pharmaceutiques.
- La coopération sectorielle couvre la défense, la cybersécurité, l’espace, la bioénergie, l’agriculture, la santé, l’innovation, l’éducation et la culture.
- Les principales divergences apparaissent dans l’agriculture à l’OMC, les différends commerciaux, les régimes nucléaires, les positions face aux crises politiques et le rapport de chaque pays à son voisinage stratégique.
Ce que sont les relations Brésil-Inde
Les relations Brésil-Inde désignent l’ensemble des liens diplomatiques, commerciaux, politiques et techniques entre le Brésil et la République de l’Inde. Sur le plan international, ce lien fonctionne comme un pont entre l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud, deux régions qui apparaissent rarement intégrées dans un même agenda diplomatique. Il implique les gouvernements et les entreprises, tout en touchant les universités, les forces armées et les organisations multilatérales.
Le lien bilatéral possède deux niveaux. Le premier est pratique et concerne le commerce et les investissements. Il englobe des accords de coopération en défense, en énergie et en technologie, ainsi que des agendas sociaux comme la santé, la culture et l’éducation. Le second est politique : les deux pays utilisent la relation pour renforcer leur présence dans les forums mondiaux et défendre des réformes de structures internationales qu’ils jugent peu représentatives.
Le Brésil et l’Inde partagent des caractéristiques qui favorisent le rapprochement. Tous deux sont des démocraties fédérales avec de vastes populations. Leur échelle territoriale coexiste avec une grande diversité sociale et religieuse, ainsi qu’avec une base agricole importante. La distance géographique et la faible familiarité culturelle expliquent pourquoi le partenariat a moins avancé que ne le suggérait le potentiel lié à la taille des deux pays.
De la reconnaissance au partenariat stratégique
Le Brésil a reconnu l’indépendance de l’Inde en 1948, un an après l’indépendance indienne. La relation a commencé de manière limitée, avec peu d’échanges commerciaux et des contacts diplomatiques épars. La distance entre l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud, ajoutée à des économies plus fermées, a réduit la portée initiale du partenariat. Le lien a d’abord été diplomatique avant de devenir économique ou stratégique.
Un premier cycle de rapprochement s’est produit dans les années 1960. En 1968, la Première ministre Indira Gandhi s’est rendue au Brésil. Les deux pays ont signé des accords commerciaux et culturels, ainsi qu’un instrument de coopération nucléaire pacifique. La question nucléaire était sensible. Le Brésil et l’Inde critiquaient certains aspects du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qu’ils jugeaient inégal. La coopération nucléaire a toutefois montré la limite politique de la confiance bilatérale. Elle a perdu de son élan après l’essai nucléaire indien de 1974. En 1998, elle a de nouveau provoqué des tensions lorsque le Brésil a dénoncé un mémorandum de coopération nucléaire.
La relation a gagné en densité à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Fernando Henrique Cardoso s’est rendu en Inde en 1996. La Commission mixte bilatérale a été créée en 2002. Lula s’est rendu en Inde en 2004. En 2006, les gouvernements ont établi le partenariat stratégique Brésil-Inde. Ce jalon a donné un langage politique plus large à une relation jusque-là dispersée entre contacts commerciaux, diplomatiques et techniques.
Depuis lors, l’agenda est conduit par des visites présidentielles et des réunions ministérielles. Les consultations politiques et les mécanismes sectoriels ont donné de la régularité au contact. Le Plan d’action pour renforcer le partenariat stratégique, adopté en 2020 pendant une visite d’État brésilienne en Inde, a consolidé les domaines économiques et technologiques. La bioénergie, la santé et la défense sont devenues des fronts centraux. Le partenariat stratégique a commencé à dépendre moins des gestes symboliques que de mécanismes capables de suivre des engagements précis.
L’architecture institutionnelle du partenariat
La Commission mixte bilatérale est le principal mécanisme de coordination entre les deux gouvernements. Elle réunit des responsables de haut niveau, généralement au niveau des ministères des Affaires étrangères, afin d’examiner l’agenda politique et technique. Son rôle consiste à transformer le partenariat stratégique en suivi régulier, avec un ordre du jour, des responsables et une responsabilité diplomatique.
Cette architecture évite que la relation dépende seulement des rencontres présidentielles. Lorsqu’elle fonctionne, elle convertit de larges déclarations en projets ayant des conséquences administratives, comme l’ouverture de marchés et le dialogue réglementaire. Les mémorandums sectoriels et les programmes scientifiques entrent dans ce même circuit de suivi. La même structure permet de séparer les sujets de consensus des points de friction, ce qui compte dans un partenariat aux intérêts larges mais non identiques.
Le caractère institutionnel de la relation apparaît dans des instruments comme le Mécanisme de suivi du commerce, la Commission mixte de science et technologie et le Comité conjoint de défense. Il existe aussi des consultations politiques, des groupes liés à l’industrie de défense et des canaux entre agences de promotion commerciale. L’existence de ces forums ne garantit pas des résultats automatiques, mais elle crée une route pour que le partenariat ne dépende pas seulement des cycles de forte visibilité.
BRICS, IBSA, G4 et G20
La coordination multilatérale constitue l’une des parties les plus importantes des relations Brésil-Inde. Les deux pays se présentent souvent comme de grandes démocraties du Sud global et défendent une représentation plus forte des pays en développement dans les institutions économiques, financières et de sécurité. Cet agenda donne à la relation bilatérale une valeur qui dépasse le commerce.
Au sein du G4, le Brésil et l’Inde agissent aux côtés de l’Allemagne et du Japon pour défendre la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et l’élargissement de ses sièges permanents. Le soutien mutuel dans cet agenda reflète une lecture commune : la composition du Conseil exprime encore l’ordre de 1945, et non la distribution démographique et économique contemporaine.
Dans l’IBSA, la relation prend la forme d’une coopération entre démocraties du Sud. Le forum est né en 2003 et associe coordination politique et projets sectoriels. Le Fonds IBSA ajoute une coopération pour le développement dans des pays tiers. Son poids a varié avec le temps. Malgré cela, il reste pertinent parce qu’il préserve un agenda trilatéral autonome face à la Chine et aux puissances développées.
Dans les BRICS, le Brésil et l’Inde partagent des intérêts en matière de réforme financière et de coopération au développement. La Nouvelle banque de développement fait partie de cet agenda. La présence de la Chine et de la Russie modifie la logique du groupe. La rivalité sino-indienne et les différences sur la sécurité eurasiatique rendent la coordination plus complexe. Pour le Brésil, l’Inde aide à diversifier le groupe et à éviter que son agenda soit lu seulement comme une projection chinoise ou sino-russe.
Au G20, les deux pays ont exercé des présidences consécutives en 2023 et 2024. L’Inde a présenté sa présidence comme l’expression d’un agenda du Sud global. Le Brésil a placé la faim, la pauvreté, le climat et la réforme de la gouvernance au centre du forum. Cette séquence a renforcé un pont diplomatique entre New Delhi et Brasilia autour du développement, de la transition énergétique et de l’infrastructure publique numérique.
Commerce et investissements
Le commerce est un axe important, même s’il reste limité au regard de la taille des deux économies. L’Inde est devenue un partenaire important du Brésil en Asie, et les échanges bilatéraux ont dépassé 10 milliards de dollars par an au début des années 2020. La composition révèle une asymétrie récurrente : le Brésil vend surtout des biens primaires et importe des produits manufacturés indiens de plus forte valeur ajoutée.
L’Accord de commerce préférentiel Mercosur-Inde, signé en 2004 et en vigueur depuis 2009, est le principal instrument commercial entre le bloc sud-américain et New Delhi. Il accorde des préférences tarifaires fixes sur une liste limitée de lignes tarifaires. Son importance est plus politique et incrémentale que transformatrice, car son élargissement dépend de négociations entre l’Inde et les membres du Mercosur, ainsi que de la compatibilité avec les intérêts agricoles et industriels de chaque partie.
L’Accord de coopération et de facilitation des investissements Brésil-Inde, signé en 2020, suit la logique brésilienne de facilitation et de prévention des différends. Il n’adopte pas le modèle classique des traités offrant une large protection à l’investisseur. L’objectif est de rendre la relation économique plus stable que l’achat et la vente de matières premières.
Les investissements circulent dans les deux sens. Des entreprises indiennes opèrent au Brésil dans l’énergie, les véhicules lourds et les produits pharmaceutiques. Des entreprises brésiliennes sont présentes en Inde dans les moteurs électriques, la sidérurgie et l’automatisation bancaire. Malgré cela, l’investissement bilatéral pèse moins que les liens du Brésil avec la Chine, les États-Unis et l’Union européenne, ou que les grandes relations stratégiques indiennes en Eurasie et dans l’Indo-Pacifique.
Défense, énergie, science et technologie
La coopération en matière de défense a obtenu une base juridique avec l’accord de 2003 et a évolué grâce à un dialogue militaire régulier. Le Comité conjoint de défense organise une partie de ce contact. L’exercice IBSAMAR, mené par les marines de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, relie cet agenda à la coopération de l’IBSA. La défense donne un contenu pratique au partenariat stratégique parce qu’elle rapproche technologie duale, doctrine navale et industrie.
Dans la sécurité, l’agenda en est venu à inclure la cybersécurité et la lutte contre la criminalité transnationale. Ce domaine exige un langage prudent, car les menaces prioritaires de chaque pays diffèrent. L’environnement stratégique de l’Inde est marqué par le Pakistan, la Chine et l’océan Indien. Le Brésil concentre son attention sur l’Amazonie et l’Atlantique Sud, ainsi que sur les frontières terrestres et le crime organisé. La coopération fonctionne mieux lorsqu’elle se concentre sur des capacités communes, l’échange technique et la sécurité non traditionnelle.
L’énergie est un domaine à fort potentiel. Le Brésil et l’Inde s’intéressent à la bioénergie et à la sécurité énergétique. L’Inde doit rendre compatibles la croissance économique, l’approvisionnement fiable et la réduction graduelle des émissions. Le Brésil offre son expérience de l’éthanol, des moteurs flex-fuel et de la diplomatie des biocarburants. La participation des deux pays à l’Alliance mondiale pour les biocarburants renforce l’idée d’un partenariat tourné vers des solutions de transition énergétique pour les pays émergents.
Dans l’agenda climatique, les deux pays ont agi au sein de BASIC, avec l’Afrique du Sud et la Chine. La position commune défendait des responsabilités différenciées et le financement climatique pour les pays émergents. La convergence se situe davantage dans la négociation internationale que dans la structure domestique des émissions. L’Inde dépend encore fortement du charbon et fait face à des défis d’accès à l’énergie. Le Brésil dispose d’une matrice électrique relativement propre, bien qu’il subisse une pression internationale liée à la déforestation et à l’usage des terres.
La science et la technologie traversent plusieurs domaines. La coopération apparaît dans les champs biomédical, numérique et énergétique. Le secteur spatial constitue un exemple concret. En 2021, le satellite brésilien Amazônia-1 a été lancé depuis l’Inde, ce qui a renforcé le lien entre programmes spatiaux et surveillance environnementale. Cet axe technologique montre comment le partenariat peut produire des résultats visibles lorsqu’il connecte des capacités indiennes et des demandes brésiliennes de surveillance, d’innovation et de services publics numériques.
Agriculture, santé, culture et coopération technique
L’agriculture rapproche et tend la relation. Le Brésil et l’Inde sont de grands pays agricoles et accordent de la valeur à la productivité rurale et à la sécurité alimentaire. La coopération peut impliquer la recherche agronomique et l’échange technique. La friction apparaît lorsque l’agenda arrive à l’OMC, où le Brésil défend une plus grande ouverture agricole tandis que l’Inde protège fortement ses politiques internes de sécurité alimentaire.
Dans la santé, la relation a gagné en visibilité pendant la pandémie de COVID-19. L’Inde est devenue un fournisseur mondial important de vaccins et d’intrants pharmaceutiques. Le Brésil a recherché des doses et des intrants indiens dans des moments de pénurie internationale. L’agenda de santé est toutefois plus large que la pandémie : il relie industrie pharmaceutique, régulation sanitaire et accès aux médicaments.
La culture et l’éducation restent des dimensions moins denses que le commerce et la diplomatie politique. Elles aident néanmoins à réduire la distance sociale entre les pays. Les accords culturels et la coopération audiovisuelle créent des canaux de contact. Les échanges universitaires et la recherche donnent une base à une relation encore mieux connue des diplomates, des entreprises et des spécialistes que des grands publics des deux pays. Sans ce socle social, le partenariat tend à rester dépendant des cycles gouvernementaux et entrepreneuriaux.
La coopération technique et juridique complète le lien. Le Brésil et l’Inde disposent d’instruments d’assistance juridique et de formation diplomatique. La coopération triangulaire porte une partie de cette expérience vers des pays tiers. Le Fonds IBSA illustre cette dimension, puisqu’il finance des projets dans des pays tiers sans reproduire les modèles traditionnels d’aide Nord-Sud.
Divergences et limites
Le partenariat stratégique n’efface pas les différences. La première est commerciale. Le Brésil a historiquement défendu une plus grande ouverture agricole, tandis que l’Inde protège fortement son agriculture et ses stocks publics. Le différend sur le sucre à l’OMC a montré cette friction de manière concrète. Le Brésil a contesté les subventions indiennes aux côtés de l’Australie et du Guatemala. L’Inde a fait appel dans un contexte de paralysie de l’Organe d’appel.
La deuxième différence se situe dans les régimes nucléaires et de sécurité. L’Inde n’est pas partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ni au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Le Brésil, bien qu’il ait une tradition critique envers les régimes discriminatoires, a adhéré au TNP en 1998 et maintient ses propres engagements régionaux et internationaux. La mémoire des controverses nucléaires de 1968, 1974 et 1998 explique la prudence brésilienne dans ce domaine, même au sein d’une relation coopérative.
La troisième différence concerne les crises politiques et régionales. Le Brésil et l’Inde peuvent voter de manière proche dans certains agendas multilatéraux, même si leurs priorités régionales sont distinctes. L’Inde lit une partie du système international à partir de sa rivalité avec la Chine et le Pakistan, de l’océan Indien et de la sécurité indo-pacifique. Le Brésil tend à donner la priorité à l’Amérique du Sud, à l’Atlantique Sud et à la réforme de la gouvernance mondiale. Ces différences n’empêchent pas la coopération, mais elles limitent la possibilité d’un agenda commun sur tous les sujets.
Une limite supplémentaire tient à la connaissance mutuelle. Malgré la taille des deux pays, le Brésil et l’Inde ont encore peu de canaux sociaux profonds par rapport à leurs relations avec les États-Unis et l’Europe. La Chine et les voisins régionaux occupent davantage de place dans le quotidien diplomatique de chacun. Moins de vols, une présence culturelle réciproque plus faible et des chaînes productives peu intégrées rendent le partenariat plus dépendant d’initiatives gouvernementales et entrepreneuriales particulières. Le partenariat stratégique doit donc encore gagner en densité sociale pour ne pas rester limité à la diplomatie officielle.
Le poids stratégique des relations Brésil-Inde
Les relations Brésil-Inde montrent comment deux grandes démocraties du Sud global cherchent à accroître leur marge d’action dans un ordre international marqué par la compétition entre grandes puissances. Pour le Brésil, l’Inde est un partenaire asiatique distinct de la Chine, qui offre un accès à la technologie, aux marchés et aux coalitions réformatrices. Pour l’Inde, le Brésil est un partenaire latino-américain de grande échelle. Il associe un poids dans l’alimentation et l’énergie à une présence dans des forums comme le G20 et les BRICS.
Le partenariat aide à comprendre la diplomatie contemporaine des coalitions flexibles. Le Brésil et l’Inde peuvent coopérer sur la réforme du Conseil de sécurité et sur les biocarburants. La même logique vaut pour le développement, les infrastructures numériques et la gouvernance financière. Dans le même temps, ils peuvent diverger sur l’agriculture, les questions nucléaires et les priorités régionales. Cette combinaison est fréquente dans la diplomatie du XXIe siècle : des pays aux intérêts convergents construisent des arènes de coopération sans transformer la relation en alignement permanent.
L’avenir de la relation dépendra moins des déclarations sur son potentiel que de la capacité à produire des résultats concrets. Le premier test consiste à élargir l’accord Mercosur-Inde et à diversifier l’agenda commercial. Un autre consiste à connecter les chaînes de valeur et à approfondir la coopération technologique. L’agenda de bioénergie doit devenir opérationnel, tandis que les échanges scientifiques doivent gagner en échelle. Si ces points avancent, le partenariat stratégique cessera d’être seulement une étiquette diplomatique et commencera à produire des effets plus clairs pour l’économie, la technologie et la gouvernance mondiale.